On sait que les collections nationales de photographies, notamment celles de la Bibliothèque nationale de France, du musée d’Orsay, du Centre Pompidou ou du musée Nicéphore Niépce, pour ne citer que ces institutions prestigieuses, comptent parmi les plus belles (et les plus riches !) au monde. Une richesse qui ne s’arrête pas, loin s’en faut, aux portes de ces établissements. On compte aussi dans l’Hexagone nombre de fonds photographiques remarquables, abrités dans des lieux et sites souvent trop méconnus, qui font de ce patrimoine l’un des plus remarquables au monde.
La Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP) est de ces lieux là. Cet établissement, qui a, selon son directeur, Gilles Désiré dit Gosset, « collecté près de cent cinquante donations de photographes depuis une dizaine d’années, en plus de [son] fonds initial », compte, aujourd’hui, parmi « les plus importants services de conservation de photographies en France, voire en Europe ». A l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, la Médiathèque du patrimoine et de la photographie et l’agence photographique du GrandPalaisRmn proposent des expositions de photographies clés en main à destination des collectivités et établissements publics sur tout le territoire. L’objectif ? Porter à la connaissance – et au plaisir ! – de tous les publics les richesses de ce patrimoine photographique. Retour sur ce projet avec Gilles Désiré dit Gosset, directeur de la MPP.
Quel est le principe de ces expositions clés en main ?
C’est une proposition initiée par le ministère de la Culture, que nous portons conjointement avec l’agence photographique du GrandPalaisRmn, dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie. Il y aura onze expositions au total, dont sept sont fournies par la MPP. Elles seront prochainement proposées aux collectivités, aux bibliothèques, aux Instituts français à l’étranger, à qui souhaite s’en emparer. Ceux qui les demanderont recevront une sélection thématisée de 40 images prêtes à l’emploi, dont les droits de présentation auront été acquittés, un texte de présentation et des cartels. Restera à la charge du lieu d'accueil l'impression des photographies et des documents, sous le format souhaité pour être proposé tant en intérieur qu’à l’extérieur.
Quels sont les objectifs de ce projet ?
Pour la MPP, il s’inscrit dans notre objectif global de valorisation de nos collections photographiques. Nous avons collecté près de cent cinquante donations de photographes depuis une dizaine d’années, en plus de notre fonds initial. Toutes ces images ont vocation à être montrées ! Cela passe par des expositions, que nous organisons avec tout un réseau de partenaires, puisque nous n’avons pas de lieu de monstration propre. Ce qui est nouveau pour nous, c’est l'approche « clé en main », qui répond à une volonté du ministère de la Culture de faire du Bicentenaire de la Photographie une fête populaire et de diffuser la photographie de la façon la plus large possible. Avec cette proposition, tout le monde pourra s’emparer des expositions pour les montrer dans l’espace public.
Comment se sont articulés les rôles entre la Médiathèque du patrimoine et de la photographie et l’agence photographique du GrandPalaisRmn ?
Nous avons assuré le commissariat de sept expositions sur onze, c’est-à-dire le choix des images, et avons rédigé les textes de présentation, ainsi que les légendes. Nous avons transmis tout cela à l’agence photographique du GrandPalaisRmn, qui a pris le relais pour réaliser la mise en page et la finalisation des panneaux. Le GrandPalaisRmn assure la diffusion auprès des collectivités, des institutions et des établissements qui souhaiteraient les présenter. Deux thématiques ont également été conçues en partenariat avec le Centre national des arts plastiques (Cnap), le Comité international olympique (CIO) et Fisheye.
Est-ce qu’il y a une difficulté particulière à concevoir une exposition sans savoir où elle sera installée ?
La principale différence avec une exposition classique, c’est qu’il s’agit de petites formes : 40 photos, contre 80 à 120 d’ordinaire. C’est une volonté de notre part, car cela facilite l’installation dans l’espace public. Il faut donc choisir moins d’images, mais la logique reste un peu la même : il faut répondre à une thématique, trouver les clichés qui ont du sens, qui fonctionnent ensemble. L’un des enjeux sur lesquels nous avons dû réfléchir, c’est la qualité des fichiers à fournir, qui doivent pouvoir supporter un tirage en grand format.
Parmi les expositions que vous proposez, il y en a une qui s’intitule Couleurs Méditerranée. En quoi est-elle particulière ?
Le noir et blanc domine l’histoire de la photographie, nous en avons donc beaucoup dans nos collections. L’origine de cette exposition spécifique, c’est la volonté du Comité scientifique du Bicentenaire et du GrandPalaisRmn, d’avoir un projet centré sur la couleur. La thématique de la Méditerranée nous a permis de rassembler plusieurs photographes contemporains, chez qui la couleur était importante. Nous en avons choisi sept : John Batho, Gladys, Hervé Gloaguen, Yves Jeanmougin, François Le Diascorn, Dolorès Marat et Martine Voyeux.
Quels sont les autres projets de la MPP dans le cadre du Bicentenaire ?
Nous en avons plusieurs. Par exemple, nous avons un projet d’exposition itinérante en partenariat avec Diaphane, pôle photographique en Hauts-de-France. Il s’agit, là encore, de petites formes, avec 12 à 15 images installées dans l’espace public, qui constituent des monographies de grands photographes présents dans nos fonds. Nous avons ainsi vingt-cinq monographies, qui vont voyager un peu partout, comme sur le parcours de la Loire à vélo (Loiret) dès cet été. Mais ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup, notamment notre grande exposition sur 200 ans de portraits photographiques dans nos collections, dont la première étape doit ouvrir à la Villa Tamaris à La Seyne-sur-Mer (Var), en juillet, ou bien notre exposition sur la mine et les mineurs, présentée à Lewarde (Nord), pendant près d’un an, en partenariat avec le Centre Historique Minier.
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