En quête des photographies d'Alice Bommer
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Exposition
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Femmes photographes
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Patrimoine photographique, collections publiques
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Date
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La Chambre
4 Place d'Austerlitz, 67000 Strasbourg, France, Bas-Rhin, Grand Est, France
Informations à venir
Le vernissage le 06.11 à 18 heures
Informations
La Chambre
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Localisation
4 Place d'Austerlitz, 67000 Strasbourg, France, Bas-Rhin, Grand Est, France
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Autres événements dans ce lieu
Une photographe révélée | Alice Bommer
Photographe documentaire et de reportage, Alice Bommer (1923-2004) développe durant près de cinquante ans un œuvre profondément ancré dans les réalités sociales, économiques et humaines de son époque. Elle s’impose comme une observatrice attentive du monde rural, de l’artisanat, de l’industrie et des activités commerciales alsaciennes. Son travail constitue aujourd’hui un témoignage précieux des transformations du territoire et des modes de vie de l’après-guerre jusqu’aux années 1980.Cette première exposition monographique consacrée à Alice Bommer, conçue par La Chambre sous l’impulsion de MIRA, Cinémathèque régionale numérique, met en lumière une œuvre encore largement méconnue, mais essentielle pour l’histoire de la photographie documentaire en Alsace au XXe siècle. Réunissant près d’une centaine de documents – tirages d’époque, plaques de verre, planches contacts, tirages modernes et ouvrages imprimés – l’exposition propose un parcours à travers les différentes facettes de son travail. Elle présente aussi bien ses débuts de photographe que ses grands reportages industriels ou ses images plus personnelles consacrées à la nature et au paysage. Photographe de commande avant tout,Alice Bommer répond aux besoins des institutions et des entreprises de son temps. Pourtant, derrière la fonction documentaire de ses images se révèle une véritable écriture photographique. Ses compositions rigoureuses, ses cadrages souvent audacieux et son attention portée aux gestes, aux matières et aux espaces, donnent à ses photographies une force visuelle singulière. Même dans les contextes les plus austères, elle parvient à faire émerger une densité sensible et une grande humanité. Sa capacité à photographier tous les sujets avec la même exigence témoigne d’une remarquable liberté de regard.Le parcours de l’exposition s’organise autour de plusieurs ensembles issus de fonds patrimoniaux majeurs. Une première section présente des photographies conservées par la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame : des images inédites documentant les destructions de la cathédrale et des quartiers environnants suite aux bombardements de 1944. Ces petits tirages d’époque témoignent déjà de la précision de son regard documentaire. Un second ensemble (planches contacts et tirages d’époque), issu des collections du Port Autonome de Strasbourg, rassemble des photographies consacrées au travail ouvrier dans l’industrie portuaire. Alice Bommer y saisit avec sensibilité les gestes du travail et les transformations du paysage industriel. L’exposition présente également un corpus provenant des collections de De Dietrich, réalisé dans les ateliers de métallurgie de l’entreprise, où l’humain demeure au cœur des chaînes de production. Enfin, une importante sélection d’œuvres issues des collections du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg permet de découvrir ses reportages ainsi qu’un ensemble d’images plus personnelles, qui témoignent de l’attention portée aux paysages, aux saisons et aux formes discrètes du vivant.Cette première rétrospective révèle le regard d’une photographe capable de conjuguer exigence documentaire et sens aigu de la composition, et redonne toute sa place à une œuvre majeure de la photographie alsacienne.Une exposition organisée sous l’impulsion de MIRA, Cinémathèque régionale numérique, en partenariat avec les Musées de la Ville de Strasbourg, la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, le Port Autonome de Strasbourg et De Dietrich, avec le soutien de l’association De Dietrich.
Le Chaos qui me donne la vie – Atlas d’un pays imaginé | Oleñka Carrasco & La Chica
Le Chaos qui me donne la vie. Atlas d’un pays imaginé est un projet né de notre rencontre, de la nécessité commune de donner une forme sensible à l’expérience de l’exil. À quatre mains, nous développons une traversée où photographie, son, musique, archives et gestes performatifs deviennent des outils pour raconter ce qui persiste d’un territoire lorsque celui-ci se fracture, se disperse ou se transforme dans la mémoire. Le projet prend racine à El Callao, au sud-est du Venezuela, territoire marqué par les migrations antillaises venues travailler dans les mines d’or après l’abolition de l’esclavage. Là-bas, le carnaval, le calypso et le créole témoignent encore aujourd’hui de ces circulations humaines, culturelles et linguistiques. Cette mémoire d’un territoire autrefois construit par les migrations entre aujourd’hui en résonance avec l’exode vénézuélien contemporain, l’un des plus importants déplacements de population au monde.À partir de cette histoire, nous avons entrepris un voyage à travers plusieurs territoires de la Caraïbe et l’Amazonie – Guadeloupe, Trinidad et Tobago, Guyane française – auxquels s’ajoute un quatrième territoire, invisible et fantasmé : le Venezuela lui-même. Chaque chapitre du projet constitue un espace de recherche, de reconnexion et de projection. Nous y avons cherché des traces capables de nous rapprocher de notre pays : des rythmes, des langues, des rituels, des corps en mouvement, des paysages sonores, des formes de célébration et de résistance.En Guadeloupe, nous avons été traversées par la puissance collective du carnaval, les groupes à peau, les déboulés et la force politique de la créolité. À Trinidad et Tobago, nous avons plongé dans les origines du calypso, les sound systems, les steel bands et l’immensité sensorielle de la fête, tout en nous confrontant à la violence des réalités migratoires contemporaines dans la région caribéenne. En Guyane française, le projet poursuit cette réflexion autour des circulations, des frontières et des territoires amazoniens partagés.Au cœur de cette recherche, notre collaboration est devenue un espace de transformation. Les images nourrissent les compositions musicales de La Chica ; les sons enregistrés sur place traversent les installations, contaminent les photographies, déplacent les récits. Nous ne cherchons pas à produire un document sur l’exil, mais une expérience immersive où le spectateur puisse ressentir les tensions entre absence et présence, mémoire et disparition, fête et effondrement.Cet « atlas d’un pays imaginé » tente ainsi de cartographier une géographie intérieure : celle des territoires que l’on continue à porter en soi lorsque vivre loin de sa terre devient une condition permanente.Oleñka Carrasco & La ChicaLe Prix Swiss Life à 4 mains, décerné par la Fondation Swiss Life, est l’unique prix photographie et musique en France. Destiné à révéler ou valoriser des talents, ce prix artistique récompense tous les deux ans un projet de création croisée et originale d’un·e photographe et d’un·e compositeur·rice.Les artistes remercient leur partenaire Pro Image Service.
Rencontre | Les métamorphoses du laboratoire – Rencontre avec Vincent Marcilhacy
À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie et des 75 ans des laboratoires PICTO, le label The Eyes dédié à l’image, imagine un programme visant à mettre en lumière et à partager un savoir-faire souvent méconnu mais essentiel à la photographie, celui du tirage argentique. Pensé comme un espace de dialogue entre passé et présent, Les métamorphoses du laboratoire célèbre la photographie non seulement comme art visuel et patrimoine historique, mais aussi comme culture du geste, de la lumière et du temps. L’ouvrage, réalisée par The Eyes Publishig, en collaboration avec Picto Foundation, sous la codirection de Luce Lebart et Vincent Marcilhacy, réunit entretiens avec des tireurs et tireuses, et portfolios d’artistes et photographes dont l’œuvre est influencée par l’expérimentation en laboratoire.Lors de cette rencontre, Vincent Marcilhacy et le photographe Grégoire Eloy reviennent sur ces moments particuliers associés à l’apparition de l’image sur le papier.En événement organisé en partenariat avec Eyes Wide Open et Picto Foundation, en présence du photographe Grégoire Eloy
La Nuit de l'Instant / La Traversée Photographique
Imaginé par le Centre Photographique Marseille, cet événement s'installe à l'occasion du Bicentenaire de la Photographie dans différentes villes de France valorisant le temps d’une nuit l’image fixe et en mouvement dans des lieux hors du commun. Cette proposition se déploie à Marseille, Lorient, Strasbourg, Rémire-Montjoly (Guyane), Le Vigan ( Cévennes).-Ainsi, trois jours durant, les Strasbourgeois·e·s d’un jour ou de toujours pourront découvrir une série d’installations et de projections dans des lieux insolites, au fil d’un parcours entre les quartiers Gare, Krutenau et le campus de l’université Esplanade.Ce projet est réalisé dans le cadre de la Traversée Photographique, un programme d'événements proposé par le réseau Diagonal labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s'inscrit dans la programmation officielle du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
Contrôle | Émancipation Les usages sociaux de la photographie
Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, les rencontres Contrôle | Émancipation : les usages sociaux de la photographie réunissent artistes, chercheur·es et étudiant·es et proposent d’interroger la place de la photographie dans la fabrique des savoirs en sciences humaines et sociales, depuis ses usages historiques jusqu’à ses formes les plus contemporaines. Deux volets complémentaires seront chacun constitués de deux journées d’étude : la première à Strasbourg, centrée sur la photographie comme vecteur d’émancipation, la seconde à Marseille, consacrée à la photographie comme instrument de contrôle. Cette dualité est envisagée non comme une opposition stricte, mais comme les deux faces d’une même dynamique des usages sociaux de la photographie.Ce colloque allie intérêt scientifique, artistique et historique pour la photographie et ses acteur·ices en favorisant la coopération entre laboratoires, centres d’art, et enseignement supérieur, dans une logique de mutualisation des ressources et de partage des savoir-faire. Par l’intégration de dispositifs participatifs et de formats hybrides (rencontres, ateliers, expositions), il propose d’élargir les formes traditionnelles des journées d’étude. Destiné à un public de chercheur·es, d’artistes, d’étudiant·es et de citoyen·nes, il vise à créer un espace de dialogue interdisciplinaire où savoirs académiques, pratiques artistiques et expériences sensibles s’enrichissent mutuellement.Programme à consulter sur www.unistra.frUn projet en partenariat avec LinCS (Université de Strasbourg), IDEAS (Aix-Marseille Université), Frac Sud, Centre Photographique Marseille, HEAR (Haute École des Arts du Rhin), InSituLab, La Chambre, Stimultania, La Fabrique des Écritures Ethnographiques, SUAC (Service Universitaire d’Action Culturelle de l’Université de Strasbourg)
Hors-les-murs à La Chambre Ateliers pratiquesÀ MA PLACEJEUDI 18.02.27 — 18H
Pour prolonger les échanges entre participant·es au colloque, La Chambre invite tout un chacun·e à une réflexion immersive autour de l’émancipation par la pratique photographique. Cette soirée propose un parcours en trois temps, pensé pour allier observation, partage et création dans une dynamique ludique et participative. Elle permet de décaler les perspectives et d’envisager celle des publics accompagnés dans le cadre d’actions d’éducation artistique et culturelle, visant à l’empouvoirement des personnes impliquées.Une partie du parcours est consacrée au Parcours Artistique vers l’Emploi (PAVE), un projet mêlant photographie, vidéo et théâtre à destination des salariés de chantiers d’insertion. La présence des différent·es protagonistes de l’action permet d’échanger sur le croisement des médiums, d’évoquer les évolutions nécessaires d’un projet au long cours et de mesurer son impact sur les publics.Photographe et artiste, Mathieu Farcy travaille autour des notions de faire-avec, d’art en commun et d’écoute. Il est invité pour ce second temps à présenter sa démarche professionnelle et son lien avec les différents publics avec lesquels il collabore.Deux ateliers permettent une mise en pratique participative :1. Une exploration de la pratique du studio photo autour de la question du portrait et de la représentation des émotions (par le biais de la lumière, de la couleur, du positionnement).2. Un atelier du regard faisant écho à l’exposition Sur le fil — Reunalla présentée en 2025 à La Chambre, en lien avec le travail de l’artiste Venla Kasaanen. Ce dernier invite à jouer visuellement avec l’environnement grâce à des calques modifiant la perception. Une occasion inédite d’éprouver l’outil photographique comme un outil de création.Une soirée organisée par La Chambre, dans le cadre des rencontres Contrôle | Émancipation : les usages sociaux de la photographie organisé par l’Université de Strabourg (LinCS) et Aix-Marseille Université (IDEAS), en complicité avec Stimultania.E-mailcontact@la-chambre.org
Danses rebelles | Nicola Lo Calzo
Photographe, enseignant et chercheur, Nicola Lo Calzo est titulaire d’un doctorat en arts et d’un master en architecture du paysage. Son travail se situe à l’intersection de la pratique photographique, de la recherche historique et des théories queer et décoloniales, dans une approche qui articule création, enquête et engagement critique.Ses projets, souvent menés de manière collaborative, interrogent les mémoires subalternes, les formes de résistance et les processus de construction des identités marginalisées. À travers ses enquêtes visuelles, il explore les dynamiques de pouvoir, les mécanismes d’exclusion et les récits dominants de l’histoire, tout en contribuant à la valorisation et à la circulation d’archives minoritaires.Depuis 2010, Nicola Lo Calzo développe le projet au long cours Kam, labellisé par l’UNESCO, qui explore les héritages de la résistance à l’esclavage et du marronnage (c’est-à-dire la fuite des esclavisé·és dans les bois ou les montagnes pour échapper à la servitude sur les plantations coloniales) à travers différents territoires de l’espace atlantique. Le terme « Kam », réactivé ici par l’artiste, rend hommage à l’auteur sénégalais Cheikh Anta Diop, qui réinvestit le terme biblique Cham, associé à l’esclavage des Africain·es, en le rattachant à Kemet, nom pharaonique de l’Égypte ancienne, désignant symboliquement l’Afrique comme lieu de mémoire et d’origine.Cette œuvre photographique, patiemment élaborée au fil du temps, interroge les zones d’ombre de l’histoire, non pour les figer, mais pour en faire surgir les tensions, les survivances et les transmissions. Ses images, réalisées en Afrique de l’Ouest, dans les Caraïbes, en Amérique du Nord ou encore en Europe, témoignent de la persistance des mémoires de l’esclavage dans les territoires contemporains. Elles révèlent autant des paysages marqués que des corps, des gestes, des rituels et des récits transmis oralement. La complexité des héritages et la manière dont les expériences minoritaires peuvent devenir le ferment d’une mémoire commune sont ici examinées, mises à l’épreuve et déplacées.À travers Danses rebelles se déploie une œuvre engagée, au croisement de l’enquête et de la création, où la photographie devient un outil de transmission autant qu’un espace de réflexion critique sur l’histoire et ses représentations.La danse et le mouvement des corps sont au cœur de cette recherche. Pour les populations réduites en esclavage, ils constituaient bien plus qu’une forme d’expression : des vecteurs de mémoire, de transmission des héritages africains et de résistance. Par le mouvement se tissaient des solidarités collectives et s’affirmaient des identités que l’ordre esclavagiste cherchait à effacer. Cette fonction politique de transmission de la mémoire demeure aujourd’hui, faisant de la danse et du corps des pratiques contemporaines de résistance, de mémoire et d’émancipation.Au sein de Danses rebelles les photographies dialoguent avec des objets de pratiques mémorielles recueillis au fil du temps, des livres qui ont accompagné et inspiré les recherches de l’artiste, des témoignages oraux, ainsi qu’un important corpus d’articles de presse et de documents constituant un véritable atlas de cette recherche menée sur plusieurs années.Sans chercher à embrasser la totalité de cette enquête, l’exposition en propose une forme d’atlas : une cartographie sensible de ses trajectoires, de ses archives, de ses questionnements et de ses échos contemporains.Une exposition réalisée avec le soutien de l’Istituto italiano di cultura Strasbourg.
Une photographe révélée Alice Bommer
Une photographe révélée
Alice Bommer
Photographe documentaire et de reportage, Alice Bommer (1923-2004) développe durant près de cinquante ans une œuvre profondément ancrée dans les réalités sociales, économiques et humaines de son époque. Elle s’impose comme une observatrice attentive du monde rural, de l’artisanat, de l’industrie et des activités commerciales alsaciennes. Son travail constitue aujourd’hui un témoignage précieux des transformations du territoire et des modes de vie de l’après-guerre jusqu’aux années 1980. Cette première exposition monographique consacrée à Alice Bommer, conçue par La Chambre sous l’impulsion de MIRA, met en lumière une œuvre encore largement méconnue, mais essentielle pour l’histoire de la photographie documentaire en Alsace au XXe siècle. Réunissant près d’une centaine de documents – tirages d’époque, plaques de verre, planches contacts, tirages modernes et ouvrages imprimés – l’exposition propose un parcours à travers les différentes facettes de son travail. Elle présente aussi bien ses débuts de photographe que ses grands reportages industriels ou ses images plus personnelles consacrées à la nature et au paysage. Photographe de commande avant tout, Alice Bommer répond au besoin des institutions et des entreprises de son temps. Pourtant, derrière la fonction documentaire de ses images se révèle une véritable écriture photographique. Ses compositions rigoureuses, ses cadrages souvent audacieux et son attention portée aux gestes, aux matières et aux espaces, donnent à ses photographies une force visuelle singulière. Même dans les contextes les plus austères, elle parvient à faire émerger une densité sensible et une grande humanité. Sa capacité à photographier tous les sujets avec la même exigence témoigne d’une remarquable liberté de regard.
Le parcours de l’exposition s’organise autour de plusieurs ensembles issus de fonds patrimoniaux majeurs. Une première section présente des photographies conservées par la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame : des images inédites documentant les destructions de la cathédrale et des quartiers environnants suite aux bombardements de 1944. Ces petits tirages d’époque témoignent déjà de la précision de son regard documentaire. Un second ensemble (planches contacts et tirages d’époque), issu des collections du Port Autonome de Strasbourg, rassemble des photographies consacrées au travail ouvrier dans l’industrie portuaire. Alice Bommer y saisit avec sensibilité les gestes du travail et les transformations du paysage industriel. L’exposition présente également un corpus provenant des collections de De Dietrich, réalisé dans les ateliers de métallurgie de l’entreprise, où l’humain demeure au cœur des chaînes de production. Enfin, une importante sélection d’œuvres issues des collections du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg permet de découvrir ses reportages ainsi qu’un ensemble d’images plus personnelles qui témoignent de l’attention portées aux paysages, aux saisons et aux formes discrètes du vivant.Cette première rétrospective révèle le regard d’une photographe capable de conjuguer exigence documentaire et sens aigu de la composition, et redonne toute sa place à une œuvre majeure de la photographie alsacienne.
Proposé par MIRA, Cinémathèque régionale numérique, un montage composé de plusieurs fonds d’archives amateurs vient dialoguer avec les photographies d’Alice Bommer consacrées à Strasbourg et à l’Alsace au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ces films prolongent le regard porté par la photographe sur les paysages urbains et humains de l’après-guerre : une immersion sensible qui révèle la complémentarité de ces archives visuelles, précieuses pour comprendre les réalité sociales, urbaines et humaines de cette période de transition.
Vernissage vendredi 06 novembre à 18hEntrée libre
Une histoire de lignes | Mouna Saboni
Mouna Saboni est une artiste franco- marocaine née en 1987. Après un master en économie sociale et solidaire, elle est diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles en 2012. Depuis plus de quinze ans, son travail explore les relations fragiles et mouvantes entre les individus et les territoires, en suivant les traces de la mémoire et les frontières qui façonnent nos vies. Sa pratique associe photographie et écriture poétique, dans un dialogue intime entre image et langage, où la lumière, la texture et le geste révèlent les liens subtils entre territoire, mémoire et identité.Durant sa résidence à La Chambre, Mouna Saboni a parcouru le territoire qui se déploie autour du Rhin à pied, empruntant des chemins de traverse et suivant ces lignes invisibles qui ont façonné l’Histoire autant que les histoires intimes. Sur ces mois de recherche et de création elle interroge la manière dont certaines lignes, un jour tracées sur une carte, peuvent bouleverser des vies entières. Et comment, en retour, les pas des hommes dessinent à leur tour d’autres lignes dans le paysage. En croisant témoignages écrits et récits oraux, elle est partie sur les traces de celles et ceux dont l’existence s’est soudain trouvée intimement liée à la nature.Mouna Saboni vient alors tracer d’autres lignes, au cœur même de l’image, comme les pas creusent des chemins dans le territoire, la main inscrit des sillons dans le papier. De ces lignes surgissent des voix. Des voix venues d’Italie, des Balkans ou d’un village des Vosges. Des récits d’évasion, de traversées de montagnes et d’attentes dans la forêt ou perchées au sommet des sapins.Des lignes de résistance.Avec Une histoire de lignes, Mouna Saboni interroge notre rapport au territoire à travers une polyphonie de formes et de voix. Des récits de résistance, portés par les langues que le Rhin transporte à travers l’Europe, résonnent dans l’espace de La Chambre autant qu’ils habitent les photographies de l’exposition.Lignes, ondes, circulations : ces motifs évoquent le mouvement de l’eau, l’ondulation des reliefs topographiques, les traces invisibles des frontières et des passages. Les récits oraux sont ici retranscrits dans l’image par une traduction visuelle de leurs ondes sonores ; ils se propagent dans la forêt à la manière d’échos, porteurs de mémoires enfouies. L’artiste inscrit ainsi ces formes dans la matière même de l’image, comme pour redonner à ces récits une place dans le paysage et faire émerger la mémoire enfouie des territoires. Comme dans les œuvres précédentes de l’artiste, une attention sensible est portée ici à la mémoire et au danger de l’oubli. Une histoire de lignes propose une lecture sensible d’un passé à la fois connu et souterrain de la région, et s’adresse à toutes celles et ceux qui l’habitent, qu’iels y soient né·es ou qu’iels y aient trouvé refuge.Une résidence soutenue par la DRAC Grand Est dans le cadre du dispositif Capsule du ministère de la Culture, organisée par La Chambre.
L'image à l'œuvre | Lucien Blumer entre peinture et photographie
Lucien Blumer (1871-1946) est une figure singulière du paysage artistique alsacien de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Formé à la peinture dans la tradition académique puis marqué par l’impressionnisme et les courants régionaux, il développe une œuvre abondante et variée, profondément ancrée dans les paysages et la vie quotidienne de l’Alsace. Peintre, graveur, illustrateur, il s’inscrit dans une génération d’artistes formés entre Munich et Paris, dans un contexte où la région cherche à affirmer sa propre identité artistique après les bouleversements de 1870.Très tôt, Lucien Blumer adopte également la photographie, non comme simple pratique annexe, mais comme un prolongementde son regard d’artiste. Ses prises de vue témoignent d’un rapport direct au réel : paysages urbains et ruraux, architectures, scènes de vie, mais aussi motifs récurrents qu’il reprend ensuite dans sa peinture.Il photographie également ses propres œuvres, ainsi que leurs cadres ou leurs dispositifs de présentation, révélant une attention particulière portée à la circulation et à la mise en forme des images. Chez Blumer, peinture et photographie ne s’opposent pas : elles coexistent, se répondent et participent d’un même processus de création.À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, l’exposition interroge ainsi les effets de l’émergence et de la diffusion du médium photographique sur les pratiques artistiques. Sans chercher à hiérarchiser peinture et photographie, elle s’intéresse à la manière dont un artiste peut intégrer ces outils dans une même dynamique de travail. La photographie, loin de se substituer à la peinture, devient ici un espace d’expérimentation, de mémoire et de construction du regard.Cette double pratique rend particulièrement visible la porosité entre les médiums au tournant des XIXe et XXe siècles, période durant laquelle les artistes s’emparent de nouveaux outils techniques pour renouveler leurs méthodes de travail et leurs rapports au monde. L’œuvre de Blumer permet ainsi d’observer, à une échelle individuelle, les transformations plus larges qui traversent la production des images à cette époque.L’exposition s’appuie sur la richesse des fonds conservés aux Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, qui constituent un témoignage exceptionnel de l’activité photographique de Lucien Blumer. Conservés depuis leur acquisition par la Ville dans les années 1940, ces ensembles permettent de documenter et de mettre en perspective une part essentielle de sa production visuelle.Artiste protéiforme, Lucien Blumer se situe ainsi à la croisée de plusieurs pratiques et temporalités. À travers lui, c’est une réflexion plus large sur la fabrication des images qui se dessine, dans un contexte de dialogue entre pratiques artistiques et photographiques.VISITE COMMENTÉE DE L’EXPOSITIONAVEC NAJIM OULED, ARCHIVES DE STRASBOURG DIMANCHE 31.01 — 17HUne exposition des Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, organisée en partenariat avec La Chambre.
L'oracle Photographique / La Traversée Photographique
Présage Tirage Mirage est un oracle photographique, réalisé par Laura Lafon Cadilhac dans la province de Valparaiso au Chili entre 2019 et 2024, dans un contexte socio-politique très mouvementé fait d’espoirs, de luttes progressistes et de désenchantement. Les images produites par l’artiste sont visibles uniquement dans le cadre de consultations individuelles.Cet oracle n’est pas divinatoire : c’est une manière de regarder des photographies et d’inviter le public à se révéler à travers elles. Laura Lafon Cadilhac invite les personnes à dire ce qu'elles voient dans les images et ce que ces images racontent du monde. Les photographies se transforment en refuges précieux qui parlent autant de nous que du monde que nous croyons voir.Un tirage au sort régional, lancé début 2027, désignera les 48 heureux gagnants qui assisteront à une consultation individuelle dans l’une des villes de la tournéeCe projet est réalisé dans le cadre de la Traversée Photographique, un programme d'événements proposé par le réseau Diagonal labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s'inscrit dans la programmation officielle du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
Exposition photo et musique d'Oleñka Carrasco et la Chica, lauréates de la 7ème édition du Prix Swi…
Le Chaos qui me donne la vie. Atlas d’un pays imaginé est l’œuvre lauréate du Prix Swiss Life à 4 mains 2026-2027, 7e édition. Ce prix artistique, unique en France, est attribué par la Fondation Swiss Life. Il récompense tous les 2 ans le projet de création croisée et originale d’un.e photographe et d’un.e compositeur.trice." Nous développons, à quatre mains, une traversée sensorielle de l’exil, où image et musique deviennent des langages capables de circuler au-delà des frontières. Le projet prend racine à El Callao, au Venezuela, territoire façonné par les migrations antillaises liées à l’exploitation aurifère. Le carnaval, le calypso et le créole y portent la mémoire vivante de ces circulations, aujourd’hui mises en tension avec l’un des plus grands exodes contemporains, avec près de 7,9 millions de Vénézuéliens ayant quitté leur pays.Le projet se déploie en quatre chapitres, écrits depuis trois territoires — Guadeloupe, Trinidad et Tobago, Guyane française — et un territoire fantasmé : le Venezuela. Chacun constitue un espace de recherche et de reconnexion, où nous sommes allées chercher, dans les sons, les corps et les rituels, ce qui nous relie encore à notre pays, maintenu dans la mémoire et la sensation.Ces déplacements dessinent une cartographie sensible, faite d’échos, de correspondances et de décalages. Entre proximité et distance, présence et absence, le projet explore ce qui persiste, se transforme ou se déplace lorsque l’on vit hors de sa terre. Il propose ainsi une forme ouverte, où l’expérience de l’exil se recompose à travers des fragments, entre imaginaire et mémoire."Oleñka Carrasco et la Chica