Dilo Dibout ?* C’est la canne à sucre dans l’imaginaire collectif mauricien. Deux photographes, Antonin Lainé (France) et Frédérick Bréville (Maurice) ainsi qu’une géographe, Elsa-Xuân Lainé, documentent les transformations en cours dans les territoires encore peu connus de l’île, à l’écart des littoraux. Mémoire vivante, photographies et récits mettent en lumière des paysages qui changent, l’empreinte d’un patrimoine industriel qui s’estompe et dévoilent la beauté fragile d’un monde qui se transforme.
L’exposition se décline en une soixantaine de photos en couleurs et en N&B de formats allant de 30x40 cm, à 50x60 cm avec une option en kakemonos suspendus en textiles.
Plusieurs thèmes sont imbriqués :
Photographies en couleur par Antonin Lainé : les territoires de la canne à sucre, le patrimoine industriel, les friches, les usines en activité, les nouveaux paysages.
Photographies en Noir & Blanc par Frédérick Bréville : portraits de celles et ceux ayant travaillé sur les territoires de la canne ; leurs paroles sont recueillies par Elsa-Xuân Lainé, ainsi que des reportages sur deux demeures historiques de domaines sucriers (maison Euréka de la famille Le Clézio et Demeure Saint Antoine).
Ce projet de photographie documentaire de création est structuré par des textes et des légendes contextualisées, en bilingue Français/Anglais par Elsa-Xuân Lainé.
L’exposition est programmée à l’Institut français de Maurice (IFM) à Rose Hill tout le mois de novembre 2026, l’accès est ouvert à tous et gratuit. De plus, un livre au titre éponyme, édité par l’association « De loin et/ou de près » sera lancé à cette occasion. Le vernissage de l'exposition et le lancement du livre sont prévus le 5 novembre à l'IFM, en présence des auteurs.
Dilo Dibout ? Ile Maurice propose de documenter les transformations du territoire mauricien contemporain, à travers les résonances entre friches industrielles, usines encore en activité, paysages redessinés par le développement économique, patrimoine industriel et témoignages des travailleurs de la canne. Il interroge la manière dont la monoculture de la canne à sucre a façonné les territoires, les paysages et les mémoires collectives. La photographie y est envisagée comme un outil documentaire et artistique, capable de révéler les traces visibles et invisibles des mutations, tout en construisant une écriture visuelle sensible, singulière et actuelle.
Dilo Dibout ? Ile Maurice s’inscrit dans la tradition documentaire et historique de la photographie industrielle, tout en élargissant cette approche. Il met en lumière la coexistence entre le territoire, le patrimoine et les dynamiques en représentation.
*Dilo Dibout ? : fait partie des « sirandanes » que l’on pourrait traduire par jeu de mots, énigme, se présentant sous la forme d’une question dont la réponse tient en un mot. A la question « de l’eau debout ? », la réponse est kann (la canne à sucre).