Ce projet d'exposition est le premier consacré à l'œuvre du photographe français Pierre Soulier (1913-1998), qui œuvra du début des années 1940 à la fin de la décennie 1960 au sein du grand projet du Musée national des Arts et Traditions populaires et de ses campagnes ethnologiques.
Le projet, co-porté par le musée Arlaten et le Centre photographique Rouen Normandie, permettra, de par la nature distincte de ces deux structures — l'un, musée d'ethnographie et l'autre, centre d'art contemporain —de considérer le corpus photographique de Pierre Soulier autant pour la grande entreprise patrimoniale du XXe siècle dont il procède que pour l'étonnant vocabulaire photographique qu'il déploie.
Il permettra de découvrir un corpus photographique historique totalement méconnu du grand public ; de rappeler l'existence d'une photographie documentaire appliquée et de valoriser son apport dans la transmission des savoirs ; de révéler, à la lumière d'une lecture contemporaine, le potentiel esthétique de ces photographies jusqu'ici assignées au rang de l'illustration.
Au Museon Arlaten, première étape de l'exposition, pendant les Rencontres d'Arles, l'exposition enrichira le discours développé dans le parcours permanent du musée. Outre les collections d'arts et traditions provençales, le musée développe un axe consacré à l'histoire des musées d'ethnographie et de leur muséographie. L'une des séquences chronologiques présentée dans le parcours permanent est consacrée à George Henri Rivière, qui mis en place et organisa au MNATP le travail d'enquêtes-collectes dans les régions de France, auquel participa Pierre Soulier en tant que photographe.
Au Centre photographique Rouen Normandie, seconde étape de l'exposition, elle s'inscrira dans la programmation d'expositions patrimoniales régulièrement proposées. Il s'agit, au regard du projet artistique et culturel porté par le centre d'art, de rappeler la spécificité du médium photographique, officiant entre art et média. Explorer la question des usages situés a priori hors du champ artistique (photographie de commande, de publicité, d'illustration) comme le permet le corpus de Pierre Soulier, amène à considérer le médium dans ses grandes largeurs et dans toute son ambivalence. Seront ainsi abordées ce que ces productions révèlent de l'époque qui les a vu naître et ce que notre époque peut, à distance de la finalité première de l'image réalisée, voir dans ces photographies.